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martine aux framboisesIl est une solitude de l'espace, une solitude de la mer,une solitude de la mort,mais elles sont société comparées à ce site plus profond, cette polaire intimité d'une âme qui se visite. Haruki Murakami
July 02 Martine en robot!Des soleils pour varaporn Je t'imagine dans ta grande ville trépidante, alors je t'envoie un peu de calme d'Arles, petite ville de province entourée en ce moment de ces fameux tournesols que Van Gogh a tant aimé peindre!
Je t'imagine avec ton appareil photo flânant sur le chemin.
Que ces fleurs d'or protégent ton sommeil aprés les journées de travail fatigantes! June 17 mais qu'a donc ce cheval?Vous vous demandez peut-être pourquoi ce cheval porte un masque qui lui cache la tête?
Tout simplement parce qu'il y a trop de moustiques qui peuvent abîmer ses yeux et l'importuner!
Cela ne l'empêche pas de brouter paisiblement et de marcher vers la personne qui l'appelle : il se dirige à la voix.
Pendant ce temps une bien plus petite bête se sert de ses antennes pour avancer au coeur d'une fleur.
Et je repars avec ces deux montures imaginaires! June 12 Le papillon va s'envoler...June 07 Un essaim d'abeilles m'est tombé dessus! Et vous?Une chambre de ma maison reste souvent close.
Des cousins arrivant ce dimanche, samedi de bonne heure j'entre dans la pièce décidée à faire un peu de propreté. Je commence par ouvrir la fenêtre et là! Boum un essaim d'abeilles me tombe dessus et s'éparpille sur le sol. Ni une ni deux, bravo au cerveau, à sa rapidité, médusée j'ai déjà fui!
J'ai claqué la porte, je calfeutre avec des tissus le moindre interstice, stupéfaite de n'avoir pas été piquée. Quelle peur j'ai ressentie, une forte décharge d'adrénaline sans doute. Je réalise que les abeilles se sont glissées entre le volet fermé et les vitres. Le fait d'ouvrir a déstabilisé l'essaim qui m'a heurtée-c'est lourd!- avant de s'écraser par terre.
On les entend Michel et moi bourdonner derrière la porte.
Par bonheur j'ai une amie choriste apicultrice:Béatrice. Je l'appelle et avec une grande gentillesse elle vient à notre secours en dépit du travail énorme que ses 800 ruches donnent à son entreprise.
Voici une image de son action:
May 20 BENEZETTout naît d'un rêve.
Un pauvre pâtre du hameau du Villard, au dessus de Burzet, reçut ainsi l'ordre divin de se rendre à Avignon pour y faire construire un pont. Il s'appelait Benezet. Le Prélat auquel il s'adressa le prit pour un simple d'esprit ou pour un menteur, mais le garçon souleva alors une pierre si grosse qu'on cria au miracle et décida de lui prêter foi. Les premières arches s'élevèrent sur le Rhône. Cet ouvrage est devenu célèbre, il caractèrise Avignon comme la tour Eiffel le fait pour Paris;il reliait la France au comtat venaissin.
On dirait une légende. Cependant la maison de Benezet existe toujours sur les pentes d'Ardèche, c'est qu'on savait bâtir et pour des siècles avec les pierres de basalt et de granit. Une minuscule chapelle lui rend hommage, on y entre seulement à quelques uns et il n'y a jamais personne sauf les jours de pélerinage. Pourtant des hommes ou des femmes de plus en plus vieux y déposent encore prés de l'autel quelques "coucous" cueillis dans les bois ou des myosotis des bords de sentiers. Ou alors une branche de genêt en fleurs ou de bruyère selon la saison.
On n'y vend rien bien sûr à ceux qui monteraient jusque là. On n'est pas du genre à faire commerce de sa foi. Les gens trouvent en arrivant un chant d'oiseau, un bruit de ruisseau, un murmure de vent ou un jappement de chien et c'est bien assez.
Dans cette montagne on connaît la pierre, croyez moi. Elle a servi à faire des chemins depuis les romains qui se mêlaient d'aller partout, à faire des maisons qui ne coûtaient que la peine de les monter avec le matériau sur place, à faire des murets pour retenir la terre et manger sa culture, à faire des escaliers, des calades et des ponts sur les torrents qu'il faut bien traverser! Et aussi des caves voûtées, des étables pour les bêtes.
Même une fille comme moi, même une fille qui a quitté le pays, fait des études sait remuer les pierres sans se demander si sa force est celle d'un homme ou d'une femme, par transmission entêtée d'une volonté dure au travail. Pas besoin de levier. On la saisit avec ses mains et d'un balancement atavique du corps, d'un élan enraciné dans celui de tant d'ancêtres on finit par la bouger et par la sentir ployer tandis que de tout son corps raidi on semble devenir plus ferme, plus solide qu'elle.
Voilà la pierre domptée et l'heure de fermer les yeux, de s'appuyer contre elle pour y prendre repos et passage. Si douce elle redevient rigide sous le bras nu retrouvant sa souplesse. On lui a donné sa place. Ma chevelure la frôle, c'est peut-être la même coulée, celle des cheveux, celle de la source, celle du fleuve, celle de la pierre dans son souvenir volcanique. Et ce tracé traverse l'éternité.
May 19 Ce silence qui n'en est jamais tout à fait unIl faut avoir marché seule dans les bois de châtaigniers pour comprendre le silence. Un silence profond comme il n'en existe que dans les zones inhabitées, mais un silence qui n'en est jamais tout à fait un.
Dans cette paix ma propre présence paraît intruse et j'essaie de le traverser sans me faire entendre:je ralentis mes pas pour garder seulement dans mon corps le bruit de mon souffle, j'évite les feuilles qui signalent les passages, je choisis la mousse, la pierre ou la terre et mes pieds n'y avancent qu'à condition de les laisser muettes.
Alors le silence se met à vivre, dans un craquement de branche, un chant d'oiseau, la fuite d'un lézard dans les gentes, l'aboiement d'un chien trés loin, la chute d'un fruit, le murmure d'une source ou du vent qui remue.
Aux aguets je me mets à craindre le moindre son inhabituel, celui que ferait un autre humain, car même s'il ne disait rien, sa simple apparition serait en cet instant une forme d'agression.
Puis le silence installe en moi une nouvelle réceptivité, plus confiante, plus gaie. Et je redeviens naturelle, foulant le sol sans précaution, avide maintenant de taper du talon, de la plante, des orteils, comme on mettrait en branle partout des tambours! Je veux remplir désormais ce silence, son langage dont je me suis laisser envahir. Je rythme mes enjambées à grands coups de bâton dont la cadence transforme la nature autour de moi. Les oiseaux se taisent ou fuient et voici que surgit à ma rencontre un autre promeneur. "Bonjour" est le mot le plus probable mais me regardant avec mon bâton, rire aux yeux il plaisante:"J'espère que ce n'est pas pour moi"! "Non on on..." Déjà je ne le vois plus, poursuivant mon chemin et le battant du silence s'est refermé. Je me laisse emporter délicieusement par une foule de résonances, prête à de nouvelles rencontres.
May 13 Fantaisies |
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